Itinéraire de 10 jours à l’île Maurice 

L’île Maurice évoque immédiatement des images de lagons turquoise, de sable blanc et de cocotiers immobiles sous le soleil. Une carte postale parfaite, souvent réduite à l’idée d’un paradis balnéaire. Pourtant, dès que l’on quitte la plage, Maurice se révèle bien plus complexe. C’est une île qui demande du temps, du regard et de la curiosité. Dix jours ne suffisent pas à l’épuiser, mais ils permettent d’en comprendre l’essentiel. Un voyage où les paysages changent vite, mais où l’histoire reste omniprésente. Une île façonnée par la géographie bien sûr, volcanique, montagneuse, entourée de récifs, mais aussi par une succession de peuples, de cultures et de dominations qui ont laissé des traces profondes dans son identité. Elle est née de la rencontre parfois violente, souvent contrainte, entre Européens, Africains, Indiens, Chinois. Cette histoire se lit partout : dans l’architecture coloniale, dans les temples hindous, dans les plantations de canne à sucre, dans les traditions culinaires, dans les langues qui se mêlent. Voyager à Maurice, c’est aussi traverser cette mémoire collective faite de métissages, de résistances et de résilience. 

Du nord animé à l’est lagunaire, du sud plus sauvage à l’ouest chargé de symboles, j’ai pensé cet itinéraire selon mes envies et mes recherches personnelles. Il invite à découvrir l’île par strates mêlant patrimoine, nature, mémoire et contemplation et où chaque région apporte une clé de lecture différente et enrichit la compréhension de l’île. Il s’agit d’entrer à Maurice par la porte de la curiosité, et d’en repartir avec bien plus que de belles images. Je vous souhaite un beau voyage sur cette perle de l’océan Indien

Jours 1 à 4 – Le nord de l’île Maurice : racines coloniales et douceur tropicale

Jour 1 – Cap Malheureux, Pamplemousses et mémoire sucrière

Ce voyage à l’île Maurice commence par la découverte du nord, là où l’histoire mauricienne affleure doucement. 

Le premier arrêt de cette journée est le village de Cap Malheureux, emblématique autant pour son nom chargé d’histoire que son atmosphère paisible. Ce nom particulier remonte à l’année 1810, lorsque les troupes britanniques débarquent ici, annonçant la fin de la domination française sur l’île. Un événement historique majeur, à l’origine de ce toponyme mélancolique. Autre explication : la légende voudrait que le cap ait été baptisé ainsi par les français de l’époque coloniale voyant les vagues et les forts courants rendant ce lieu difficile à naviguer. 

Aujourd’hui, Cap Malheureux est surtout connu pour son l’église Notre-Dame Auxiliatrice, reconnaissable à son toit rouge vif qui tranche avec le bleu du lagon en arrière-plan. Construite en 1938, cette petite église catholique est devenue l’une des images les plus photographiées de Maurice. Depuis le parvis, la vue s’ouvre sur le Coin de Mire, îlot rocheux inhabité qui se dresse à l’horizon. Il est possible d’approcher Coin de Mire en bateau mais je me réserve cette excursion pour plus tard. 

  • Accès : en voiture depuis Grand Baie (15 minutes) ou bus local (ligne 82 depuis/vers Port-Louis)
  • Horaires : accès libre à l’extérieur, l’église est généralement ouverte en journée
  • Tarif : gratuit
  • Conseil : venir tôt le matin pour éviter la foule et profiter du silence

Après seulement 15 minutes de voiture, me voilà arrivée au au jardin botanique Sir Seewoosagur Ramgoolam, plus connu sous le nom de jardin de Pamplemousses, l’un des plus anciens jardins botaniques de l’hémisphère sud. Créé au 18ème siècle sous l’administration française de Pierre Poivre, il avait pour objectif d’introduire et d’acclimater des plantes venues du monde entier, notamment des épices précieuses, afin de briser le monopole hollandais.

Aujourd’hui, le jardin est un véritable musée vivant de la botanique tropicale, un lieu sublime de 37 hectares dans lequel flâner et être émerveillé à chaque allée. On y découvre les célèbres nénuphars géants Victoria amazonica, mais aussi des palmiers royaux, des arbres centenaires, des plantes médicinales et des épices qui racontent l’histoire agricole de l’île. Le lieu est également chargé de symboles nationaux, puisque le mausolée de Sir Seewoosagur Ramgoolam, père de l’indépendance mauricienne, s’y trouve. Le jardin a d’ailleurs été renommé en son honneur en 1988. 

  • Horaires : tous les jours de 8h30 à 17h30
  • Tarif : environ 300 MUR par adulte (environ 6 euros)
  • Durée de visite : environ 1h30
  • Accès : voiture/taxi ou bus 215 express depuis Port-Louis, Grand Baie.
  • Conseil : un guide permet d’enrichir considérablement la visite

Situé à proximité du jardin de Pamplemousses, le musée de L’Aventure du Sucre vaut bien le détour. En effet, impossible de comprendre l’histoire de l’île Maurice sans parler du sucre. Installé dans une ancienne usine sucrière, L’Aventure du Sucre est en réalité bien plus qu’un musée : c’est un lieu de mémoire. Pendant plus de trois siècles, la canne à sucre a façonné l’économie, la société et les rapports de pouvoir de l’île, de l’esclavage à l’engagisme indien.

Après une pause déjeuner au restaurant du musée, je m’accorde un temps non négligeable à la découverte de ce lieu chargé d’histoire. La visite retrace l’évolution de la production sucrière, mais aussi les grandes étapes de l’histoire mauricienne : colonisation, traite négrière, abolition de l’esclavage, arrivée des travailleurs engagés, indépendance. On peut également observer les machines de l’époque de l’ancienne usine. Le parcours dans son ensemble est pédagogique, accessible, et se conclut par une dégustation de sucres non raffinés et de rhums locaux, clin d’œil à cet héritage toujours vivant.

  • Horaires : tous les jours de 9h à 17h
  • Tarif : environ 500 MUR par adulte (environ 10 euros)
  • Durée de visite : 1h30 à 2h
  • Accès : voiture/taxi recommandé ou 20 min à pied depuis le jardin de Pamplemousses
  • Conseil : prévoir du temps pour lire les panneaux, le contenu est dense mais passionnant
  • Restaurant : L’Aventure du Sucre dispose d’un restaurant aux saveurs mauriciennes locales, pratique pour un déjeuner à l’ombre. 

Après cette belle journée introductive à l’histoire de Maurice et sa nature tropicale, je reprends la direction de Grand Baie où se situe mon hébergement pour ce séjour de 10 jours à Maurice. 

Jour 2 – Domaine de Labourdonnais et plages du nord

Situé à Mapou, dans le nord de l’île Maurice, le Domaine de Labourdonnais est l’un des plus beaux témoignages de l’architecture coloniale mauricienne. Le château, construit en 1856 par Christian Wiehe, appartient à une famille influente de planteurs et de botanistes. Il incarne une époque où la canne à sucre, les vergers et les grandes propriétés structuraient la société mauricienne.

La demeure, parfaitement restaurée, impressionne par son élégance sobre : larges vérandas, escaliers majestueux, parquet ancien, mobilier d’époque. Chaque pièce raconte la vie quotidienne d’une famille bourgeoise du 19ème siècle, entre confort colonial, hiérarchie sociale et ouverture sur le monde. On y comprend comment ces maisons étaient pensées pour s’adapter au climat tropical tout en affichant un certain statut social.

La visite du domaine ne se limite pas à la maison : il est entouré de vergers (manguiers, litchis, agrumes) et abrite aujourd’hui une distillerie artisanale, une boutique de produits locaux et un restaurant. La production star du domaine est la pâte de fruits, un arrêt dégustation est donc obligatoire après votre visite ! 

​💡​ Conseil : la boutique du Domaine pratique des tarifs très élevés, vous trouverez les mêmes produits (confitures et pâtes de fruits notamment) dans le mini-supermarché du Quartier des Serres (10 min à pied en sortant du Domaine) ou bien en supermarché (Super U de Grand Baie par exemple) à des prix bien plus raisonnables. 

  • Horaires : tous les jours de 9h à 17h
  • Tarif : 700 MUR par adulte – inclus visite du château et dégustation (environ 12 euros)
  • Durée de visite : 1h30 à 2h
  • Accès : depuis Grand Baie, bus 215 Express vers Port-Louis ou voiture/taxi

L’après-midi de cette deuxième journée à Maurice sera dédiée aux plages du nord, en particulier aux emblématiques plage de Grand Baie et plage de Pereybère. 

La plage de Grand Baie : entre lagon et animation

Si Grand Baie est souvent associée à la vie nocturne et au tourisme balnéaire, sa plage publique reste un lieu central de sociabilité. Ici, la plage n’est pas sauvage : elle est plutôt vivante, urbaine, rythmée par les départs de bateaux, les conversations et les vendeurs. C’est un bon point de départ pour des excursions en mer, mais aussi un lieu intéressant pour observer le quotidien mauricien. Vous y trouverez aussi de nombreuses échoppes de cuisine de rue. Au menu pour le déjeuner : dholl puris, curry de poulet, fruits frais découpés devant vos yeux… 

  • Accès : très facile, au cœur de Grand Baie, accessible en bus (lignes 82, 82 express ou 215 express) ou en voiture/taxi. 

A savoir, la plage de Grand Baie est bien plus intéressante pour l’ambiance que pour la baignade pure. Je me rends donc encore plus au nord à la plage de Pereybère pour plus de tranquillité. 

La plage de Pereybère : douceur locale et lagon turquoise

La plage publique de Pereybère est l’une des plus appréciées des Mauriciens comme des voyageurs. Plus intime que Grand Baie, elle séduit par son lagon calme, son sable clair et son atmosphère familiale. Longtemps fréquentée par les habitants du nord, elle a conservé un esprit local malgré sa popularité croissante. C’est une plage idéale pour la baignade et le snorkelling, grâce à ses fonds marins accessibles depuis le rivage. Le week-end, l’ambiance est animée : familles, vendeurs ambulants, rires d’enfants. En semaine, elle retrouve une certaine douceur. 

  • Accès : en voiture ou en bus (ligne 82) depuis Grand Baie

Jour 3 –  Excursion en catamaran dans les îles du nord

Depuis la baie animée de Grand Baie, les catamarans lèvent l’ancre dès le matin pour rejoindre les îlots du nord de l’île Maurice, longtemps restés à l’écart du tourisme de masse. Cette excursion à la journée est l’une des plus populaires de l’île et pour de bonnes raisons : elle concentre lagons translucides, îlots quasi vierges et sensation de bout du monde, à seulement quelques milles nautiques de la côte. Pour cette journée, je me suis jointe à un groupe avec d’autres voyageurs. 

Après 1h de navigation, nous approchons le Coin de Mire (Gunner’s Quoin), qu’il est seulement possible de contourner en bateau. Cet îlot rocheux abrupt, classé réserve naturelle, est un repère visuel emblématique du nord de Maurice. Il servait autrefois de point stratégique pour la défense maritime. Aujourd’hui, il s’agit d’une nature laissée intacte, refuge d’oiseaux marins et de fonds marins riches.

Nous poursuivons notre route à bord de notre catamaran avant d’atteindre l’île Plate. Après 20 minutes de navigation, le rythme ralentit : nous voguons au-dessus du lagon. Nous approchons d’une bande de sable blanc immaculé, qui cotoie des eaux d’un bleu turquoise magnifique. Le programme sur l’île est donné par notre skipper : balade, snorkelling et barbecue servi pour le déjeuner. Un véritable traité de déconnexion dans un cadre idyllique. 

Le dernier arrêt de cette journée dans le lagon du nord nous conduit sur l’îlot Gabriel, île voisine de l’île plate. Classé réserve naturelle, nous débarquons sur cet îlot inhabité et protégé pour explorer ses plages de sable blanc et explorer les fonds marins peu profonds. C’est ici que je croise au détour d’une baignade, une tortue marine nageant tranquillement dans les eaux translucides.  

Il est déjà l’heure de repartir et de reprendre le large pour le trajet retour vers Grand Baie (1h30 de navigation). L’excursion en catamaran tient toutes ses promesses : paysages sublimes, navigation calme et apaisante, faune riche et moment hors du temps. Mais au-delà des paysages de cartes postales, cette sortie en mer raconte aussi une autre Maurice : celle de son rapport à l’océan et de la protection progressive (mais nécessaire) de ces espaces fragiles. 

  • Durée : journée complète (départ vers 9h/9h30 et retour vers 16h/16h30 à Grand Baie)
  • Départ : Grand Baie (ou Pointe Jérôme chez certains opérateurs)
  • Tarif : généralement entre 3 500 et 5 000 MUR par personne (60 à 80 euros)
  • À prévoir : chapeau, maillot, serviette, protection anti-UV, chaussons d’eau (sable brûlant), masque/tuba si non fourni par le prestataire
  • Meilleure période : matinée calme
  • Conseil : privilégier les opérateurs respectueux des zones protégées
  • Temps de trajet : comptez 1h de route depuis Trou d’Eau Douce, 1h10 depuis Flic-en-Flac, 1h40 depuis le Morne pour rejoindre l’embarcadère sur la plage publique de Grand Baie. 

Jour 4 – Visite de Port-Louis, coeur battant de l’île

Capitale souvent négligée des voyageurs, Port-Louis mérite pourtant une journée de découverte pour mieux comprendre l’histoire et la culture mauriciennes. Depuis Grand Baie, il est très facile de rejoindre la capitale avec le bus Express 215 (tarif : 48 MUR – 0,90 euros) en seulement 20 min de trajet.

Blue Penny Museum

La journée débute par la visite du Blue Penny Museum, qui abrite l’un des trésors les plus célèbres au monde : les timbres Blue Penny et Red Penny, parmi les plus rares et précieux jamais émis. Mais réduire le musée à ces timbres serait une erreur. En effet, le lieu retrace l’histoire de Maurice à travers la colonisation, la cartographie, la navigation et les échanges commerciaux. Clair, pédagogique, bien scénographié, il permet de comprendre comment l’île s’est construite comme carrefour stratégique de l’océan Indien. 

  • Horaires : généralement 9h30-16h 
  • Tarif : 245 MUR (environ 5 euros)
  • Durée : 45 min à 1h
  • A savoir : photos interdites à l’intérieur

Le musée se situe dans le quartier du Caudan Waterfront qui incarne un visage moderne de Port-Louis : boutiques, restaurants, marina, musées. Un contraste assumé avec la ville historique, mais intéressant pour comprendre la Maurice actuelle, tournée davantage vers le commerce et le tourisme. Après un rapide passage par la rue des parapluies, devenue une attraction urbaine à Port-Louis, je rejoins un groupe guidé pour un food-tour local afin de découvrir Maurice par le goût : dholl puri, gâteaux piments, mines frits, alouda… Chaque bouchée de notre itinéraire raconte un métissage culturel unique. Nous passons notamment par Chinatown connue pour son street-art et par le marché central. Si ce food-tour vous intéresse, voici le lien vers l’activité.

Le marché central de Port-Louis : le pouls de la ville

Impossible de visiter Port-Louis sans passer par son marché central, véritable cœur battant de la capitale. Fruits tropicaux, épices, légumes, fleurs, street food : tout y est sensoriel, intense, parfois chaotique. C’est ici que l’on mesure la diversité culturelle mauricienne, dans les langues, les visages, les odeurs. Un lieu authentique, brut, indispensable, mais une aussi une véritable explosion de couleurs que j’ai adoré arpenter ! 

  • Horaires : tôt le matin jusqu’en début d’après-midi
  • Tarif : gratuit
  • Conseil : garder ses affaires près de soi (les pickpockets ne sont pas rares)

Musée d’histoire naturelle : le dodo et la mémoire de l’île

Souvent sous-estimé, le musée d’histoire naturelle est pourtant intéressant à visiter pour comprendre l’environnement mauricien. Il est notamment connu pour son squelette de dodo, symbole de l’extinction causée par l’homme. Le musée aborde la faune endémique, les espèces disparues et la fragilité des écosystèmes insulaires. Il est situé à côté des Jardins de la compagnie, ancien espace botanique et de rencontre pour les colons, devenu un lieu de respiration au cœur de la ville, fréquenté par les habitants, les travailleurs et les voyageurs. 

  • Tarif : musée et jardins gratuits
  • Durée : comptez environ 1h pour visiter les 2 sites

Les temples tamouls de Port-Louis : spiritualité et tradition

Avant de reprendre le bus en direction de Grand Baie, je m’arrête au temple Shrimadhu Kannanur Mariammen Kovil à quelques pas de la gare routière. Il s’agit d’un temple hindou dédié à la déesse Mariamman. Coloré, vivant, profondément spirituel, il rappelle que Port-Louis est aussi une ville de foi et de rituels. Vous trouverez d’autres temples de ce style à Port-Louis (comme le temple Sockalingum Meenatchee Ammen Kovil) et dans toute l’île, n’hésitez pas à pousser la grille et observer les rituels des croyants. Quelques règles sont à respecter : enlever ses chaussures, porter une tenue décente, respecter le silence et ne pas déranger les croyants. 

Jours 5 et 6 – L’est de l’île : lagons et nature protégée

Jour 5 – Excursion en catamaran à l’île aux Cerfs

Pour cette deuxième excursion en mer de mon séjour, je choisis de visiter l’île aux cerfs en catamaran. Située au large de la côte est de l’île Maurice, l’Île aux Cerfs est l’une des excursions les plus populaires du pays. Souvent réduite à une image de plage parfaite, elle s’inscrit pourtant dans un itinéraire plus riche lorsqu’on l’aborde par la mer, en remontant d’abord la Grande Rivière Sud-Est avant de rejoindre le lagon. Cette excursion en catamaran combine trois dimensions essentielles de Maurice : la rivière, le lagon, et l’île. Trois paysages qui racontent, chacun à leur manière, la géographie et l’histoire naturelle de l’île. 

Au départ de Trou d’Eau Douce, la journée débute par une navigation douce en longeant la côte. La météo est capricieuse enveloppant les montagnes d’un tapis brumeux et les nuages laissent peu de place au soleil mais apportent un côté mystique et sauvage aux paysages. Nous remontons la Grande Rivière Sud-Est, l’une des plus longues rivières de Maurice. Le contraste est immédiat : on quitte l’océan ouvert pour un décor tropical, où la végétation se referme peu à peu autour du bateau. La cascade de Beau Champs marque la fin de la remontée fluviale. Elle n’est pas spectaculaire par sa hauteur, mais par son environnement composé de mangroves, de palmiers, d’eau douce mêlée à l’eau salée. On y observe des singes sauvages (macaques), qui semblent habitués à la présence des bateaux.

Après la rivière, le catamaran reprend le large en direction de l’Île aux Cerfs. Le lagon s’ouvre et à bord, l’ambiance se détend : punchs servis à bord et musique douce. C’est aussi à ce moment que nous réalisons une pause snorkelling au large de l’île, dans des zones calmes et peu profondes. Les fonds marins autour de l’île offrent des poissons tropicaux, des coraux accessibles et une bonne visibilité par mer calme. Ce n’est pas le spot le plus sauvage de Maurice, mais il reste agréable, surtout pour une première approche du snorkelling.

Nous remontons à bord du catamaran, où est servi le déjeuner : poisson et viande grillées, salades, fruits frais et boissons fraîches. Puis nous accostons enfin sur l’île aux cerfs où nous sommes laissés en autonomie pour l’exploration. Une fois débarquée sur l’Île aux Cerfs, le contraste est clair : des plages de sable blanc, de l’eau turquoise, mais aussi une fréquentation élevée, surtout en milieu de journée. L’île est aménagée, avec des chemins balisés, des stands, des activités nautiques.

Pour profiter au mieux, il vaut mieux marcher le long de la plage pour s’éloigner des zones les plus fréquentées et trouver un coin plus calme côté lagon. Vous pouvez aussi entreprendre une courte balade dans la forêt. Malgré sa popularité, certains recoins de l’île aux Cerfs restent préservés et agréables. La météo n’étant pas de notre côté, nous avons aussi bénéficié d’une fréquentation moindre. En définitive, l’Île aux Cerfs n’est pas une île sauvage mais elle reste spectaculaire si l’on accepte ce qu’elle est. 

  • Durée : journée complète
  • Départ : généralement depuis Trou d’Eau Douce
  • Tarif : environ 4 000 MUR par personne (environ 75 euros + supplément si transfert depuis/vers l’hôtel)
  • Inclus : transport en catamaran, déjeuner barbecue, boissons, snorkelling (+ en fonction du prestataire : transferts A/R depuis/vers l’hôtel)
  • À prévoir : maillot, serviette, protection solaire, chapeau
  • Meilleur moment : départ matinal pour éviter l’affluence
  • Conseil : privilégier les opérateurs proposant une excursion en catamaran et limitant le nombre de passagers 
  • Temps de trajet : comptez 0h50 de voiture depuis Mahébourg, 1h depuis Grand Baie, 1h10 depuis Flic-en-Flac, 1h40 depuis le Morne pour rejoindre l’embarcadère de Trou d’Eau Douce.

Jour 6 – Île aux Aigrettes, île des Deux Cocos et Blue Bay

Pour cette sixième journée à Maurice, je réserve une excursion unique axée sur la biodiversité et la préservation. Sur la côte sud-est de l’île Maurice, loin de l’agitation du nord, cette excursion propose un enchaînement inoubliable : tout d’abord une visite de l’île aux Aigrettes, une découverte de l’île des Deux Cocos et enfin une exploration du parc marin de Blue Bay. 

L’Île aux Aigrettes : un sanctuaire préservé

Située à moins d’un kilomètre au large de Mahébourg, l’Île aux Aigrettes est une réserve naturelle strictement protégée, gérée par la Mauritian Wildlife Foundation (MWF). Elle n’a jamais été habitée durablement, ce qui en fait un terrain idéal pour la reconstitution de l’écosystème originel de Maurice. Son histoire est intimement liée à celle des disparitions massives d’espèces endémiques après l’arrivée de l’homme au 17ème siècle : dodo, oiseaux, reptiles, plantes uniques au monde. 

Après un court trajet en bateau depuis la pointe d’Esny, nous débarquons sur l’île. La visite se fait obligatoirement avec un guide, en petit groupe. On y observe des tortues géantes d’Aldabra, introduites pour remplacer les espèces disparues, des lézards et oiseaux endémiques, des plantes médicinales et arbres indigènes, dont certains ne poussent qu’ici. Le discours est pédagogique, instructif et clair. On comprend à quel point l’écosystème mauricien est fragile, et combien sa préservation est un travail de longue haleine. Cette visite de l’île aux Aigrettes est l’un de mes coups de cœur de Maurice.

  • Durée de la visite : environ 1h
  • Accès : bateau depuis Pointe d’Esny
  • Tarif : ~1 200 MUR (environ 25 euros pour l’ile aux Aigrettes, incluant guide et traversée A/R)
  • Horaires : visites le matin principalement
  • À savoir : pas de baignade, pas de liberté de circulation, respect strict des règles.
    La nature ne se commande pas, il est possible de ne pas observer certaines espèces. 

Après cette découverte de l’île aux Aigrettes, nous reprenons le bateau retour pour rejoindre la côte. De là, nous faisons un peu de route avant d’atteindre la baie de Blue Bay. Nous empruntons un second bateau qui nous permet de débarquer à l’île des Deux Cocos en plein cœur du parc marin de Blue Bay

L’Île des Deux Cocos et le parc marin de Blue Bay

L’Île des Deux Cocos est une île privée au passé colonial. Son nom vient des deux cocotiers plantés à l’origine sur l’île, devenue ensuite propriété de colons français au 19ème siècle. On y trouve encore une villa coloniale restaurée, des jardins entretenus et une organisation pensée pour l’accueil de visiteurs. Contrairement à l’île aux Aigrettes, ici, l’escale est dédiée au farniente entre plages calmes, zones ombragées et transats confortables. Le déjeuner barbecue est servi sur l’île sous forme de buffet copieux et dans une ambiance détendue. Un sentier permet de faire le tour de l’île en 30 minutes environ, idéal pour une promenade digestive. 

L’île des Deux Cocos est située dans le Parc marin de Blue Bay, un des rares parcs marins officiels de Maurice. Classé en 1997, il protège un lagon peu profond abritant plus de 50 espèces de coraux, une faune marine variée et des fonds marins parmi les mieux conservés de l’île. Ici, pas de sports motorisés, pas de pêche, ni d’ancrage sauvage. Aussi, le snorkelling se fait dans des conditions idéales avec des eaux calmes où les coraux sont proches de la surface et les poissons nombreux.  

Après cet après-midi à l’île des Deux Cocos, nous reprenons le bateau jusqu’à la côte puis nous regagnons Grand Baie, où je loge lors de ce voyage à Maurice, en fin d’après-midi. 

  • Durée : journée complète
  • Tarif : environ 5 500 MUR selon les prestataires (environ 100 euros + supplément si transferts A/R depuis l’hôtel)
  • Inclus : ensemble des transferts maritimes et terrestres, visite guidée de l’Île aux Aigrettes, déjeuner, snorkelling
  • À prévoir : maillot, serviette, protection solaire, chaussures d’eau
  • Conseil : respecter scrupuleusement les consignes sur l’Île aux Aigrettes (c’est un privilège d’y accéder)
  • Temps de trajet : comptez 1h de voiture depuis Flic-en-Flac, 1h10  depuis Grand Baie et 1h20 depuis Le Morne pour rejoindre Blue Bay. 

J’ai réalisé cette excursion combinée avec l’agence SummerTimes. D’autres prestataires proposent des excursions vers l’île aux Aigrettes ou l’île des Deux Cocos, à retrouver sur GetYourGuide

Jours 7 à 9 – Le sud et l’ouest : nature, spiritualité et mémoire

Jour 7 – Hauts plateaux et sud sauvage

Pour cette troisième partie du voyage, direction le sud et l’ouest de l’île. Cette 7ème journée de mon voyage est sans doute l’une des plus denses et contrastées de l’île Maurice. Je quitte les lagons du nord et de l’est pour entrer dans une île plus intérieure, plus minérale, plus spirituelle aussi. Dans le sud-ouest, Maurice se raconte par ses reliefs, ses croyances, son histoire agricole et ses cicatrices volcaniques. Pour cette excursion, je me suis jointe à une excursion guidée en groupe.

Trou aux Cerfs : le volcan endormi

Notre premier arrêt est situé à Curepipe, et plus précisément à Trou aux Cerfs, où se trouve un ancien volcan éteint âgé de plus de 700 000 ans. Son cratère circulaire, large d’environ 350 mètres et profond de 80 mètres, rappelle que Maurice est née du feu bien avant d’être associée à l’eau turquoise. Une végétation dense tapisse aujourd’hui l’intérieur du cratère et le volcan est bien considéré comme endormi et non éteint même si aucune activité n’a été enregistrée depuis des millénaires. 

  • Accès : gratuit
  • Localisation : Curepipe
  • Durée : 20 à 30 minutes
  • Conseil : venir tôt le matin pour éviter la foule et la brume

Toujours à Curepipe, sur les conseils de notre guide, nous faisons une halte aux Voiliers de l’Océan, une boutique artisanale spécialisée dans la fabrication de maquettes de bateaux en bois entièrement réalisées à la main avec une précision et une minutie qui forcent l’admiration. Chaque pièce reproduit avec précision des navires historiques : galions, frégates, bateaux de commerce ou de guerre. Certaines d’entre elles sont réalisées à la demande de personnalités politiques ou d’influence. Nous pouvons observer les artisans à l’œuvre puis admirons certaines des plus belles pièces créées dans la boutique. Maurice a longtemps été un point stratégique sur les routes maritimes entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Ces maquettes racontent indirectement l’histoire coloniale, commerciale et navale de l’océan Indien.

Découverte du vin de litchi

Nous reprenons la route, direction le village de Vacoas-Phoenix où nous faisons la découverte d’un vin local pour le moins atypique. En effet, Maurice ne produit pas de vin au sens classique, mais elle a développé une spécialité étonnante : le vin de litchi.  Le Domaine de Takamaka est l’un des producteurs les plus connus de l’île. Le litchi, fruit emblématique de Maurice, est ici fermenté pour donner un vin léger, aromatique, parfois surprenant pour nos palais français habitués au vin de raisin. La visite permet de découvrir le processus de fabrication, les différentes cuvées et l’équilibre délicat entre sucre et acidité. La dégustation en fin de parcours vous permettra de vous faire un avis sur le surprenant vin de litchi. 

Ganga Talao (Grand Bassin) : le cœur spirituel de Maurice

Haut lieu de pèlerinage hindoue à Maurice, notre guide nous conduit ensuite au lac sacré de Grand Bassin, aussi appelé Ganga Talao. Situé dans un ancien cratère volcanique, Ganga Talao est le site religieux hindou le plus sacré de l’île. Selon la tradition, ses eaux seraient reliées spirituellement au Gange en Inde. Chaque année, lors du Maha Shivaratree, des milliers de pèlerins traversent l’île à pied pour s’y recueillir. Une procession exceptionnelle à admirer au mois de février. 

Nous commençons notre visite par les statues monumentales de Shiva et Durga à l’entrée du site, puis nous rejoignons les bords du lac bordés de nombreuses statues représentant les dieux et déesses dans une ambiance spirituelle où les offrandes et les rituels s’animent. Loin de l’image de carte postale, Ganga Talao est un lieu vivant, et respecté, qui rappelle que Maurice est une île multiculturelle, pas seulement balnéaire. A savoir que l’hindouisme est la première religion de l’île, près de 45% des mauriciens sont hindous pratiquants

  • Accès : gratuit
  • Conseil : observer en silence, respecter les pratiques religieuses

Le parc national des Gorges de la Rivière Noire

Pour le déjeuner, nous prenons la direction d’un restaurant au cœur du parc national des Gorges de Rivière Noire. Couvrant plus de 6 500 hectares, ce parc protège une biodiversité unique : forêts primaires, espèces endémiques, gorges creusées par le temps. Plusieurs belvédères offrent des panoramas spectaculaires sur le parc. De notre côté, nous admirons la vue sur l’immensité et la densité de la végétation depuis la terrasse du restaurant à Varangue Sur Morne

  • Accès : gratuit
  • Randonnées : plusieurs sentiers de randonnée de différents niveaux permettent d’explorer le parc. Différents prestataires proposent des activités dans le parc, en savoir plus sur GetYourGuide.  

Les couleurs de Chamarel

Le dernier arrêt de cette journée dans le sud de l’île Maurice est un incontournable de Maurice puisque nous arrivons à Chamarel. D’un côté, une cascade haute de près de 100 mètres qui impressionne par sa puissance et son cadre luxuriant. Elle marque d’ailleurs l’entrée dans cette région façonnée par l’activité volcanique et l’érosion.

D’un autre côté, la Terre des Sept Couleurs est un phénomène géologique unique. Cette terre aux nuances ocres, rouges, violettes et jaunes résulte de la décomposition de roches volcaniques à différentes températures. Même après mélange, les couleurs se reforment naturellement, un mystère encore partiellement inexpliqué. Le site abrite également des tortues géantes des Seychelles, observables de près, dans un espace aménagé. 

  • Accès : le point de vue sur la cascade est gratuit et situé ici. Il se situe à 3 minutes de voiture (20 minutes à pied) de l’entrée de la Terre des 7 couleurs. 
  • Tarif : entrée gratuite pour la cascade et entrée payante à 750 MUR par adulte (environ 13 euros) pour la Terre des 7 couleurs
  • Horaires : la Terre des 7 couleurs est ouverte de 8h30 à 17h30 d’octobre à mai et de 8h30 à 17h de juin à septembre. 
  • Durée : 1h à 1h30
  • Plusieurs tours organisés proposent une visite de Chamarel, en savoir plus sur GetYourGuide.

Après cette journée riche en découvertes et en visites, notre chauffeur nous a reconduit à nos hébergements respectifs. J’ai réservé cette excursion organisée et guidée via l’agence SummerTimes pour 5 000 MUR (environ 100 euros tout inclus). 

Jour 8 – La Route du thé, du rhum et de la vanille

Pour cette nouvelle journée au sud de l’île Maurice, je prends de nouveau la direction du sud. Cette fois-ci pas de sites naturels, pas de plage paradisiaque, pas de forêt humide mais un itinéraire thématique sur les traces du Maurice d’antan. Avant le tourisme, avant les hôtels, Maurice vivait de la terre : canne à sucre, thé, épices, élevage. Cette route du thé, du rhum et de la vanille traverse ce passé encore bien visible, parfois réinventé. Au programme : le Domaine des Aubineaux, la plantation de Bois Chéri et le Domaine de Saint-Aubin. 

Le Domaine des Aubineaux : une demeure coloniale figée dans le temps

Le premier arrêt de cette journée me conduit au Domaine des Aubineaux, construit au 19ème siècle, qui est l’une des rares demeures coloniales en bois encore debout à Maurice. Le domaine appartenait à une famille de grands planteurs franco-mauriciens, liés au développement agricole du plateau central. Il est généralement rattaché à la famille Guimbeau, figure majeure de l’histoire du thé à Maurice, également propriétaire de Bois Chéri, la plus ancienne plantation de thé de l’île (fondée en 1892). 

Cette demeure bourgeoise servait à la fois de résidence et de centre de gestion agricole. Son architecture est typique et composée de grandes vérandas, de planchers en bois massif, de toitures pensées pour la ventilation naturelle et d’une organisation spatiale marquée par la hiérarchie coloniale (salons à l’avant de la maison, espaces privés en retrait et zones de services séparées). À l’intérieur, le mobilier d’époque, les objets du quotidien et les documents d’archives donnent à voir le mode de vie des colons et l’organisation des plantations. Il ne s’agit pas d’un musée mais davantage d’un lieu de mémoire, parfois dérangeant mais aussi instructif sur l’époque coloniale. 

  • Localisation : Curepipe
  • Accès : voiture/taxi ou excursion organisée
  • Entrée : pass pour les 3 visites de la Route thématique (Domaine des Aubineaux, Domaine de Saint-Aubin et Bois Chéri) : 1 800 MUR par personne (soit environ 32 €)
  • Durée : 30 à 45 minutes
  • Temps de trajet : 35 min de route depuis Flic-en-Flac, 50 min depuis Grand Baie, 1h depuis Le Morne pour se rendre au Domaine des Aubineaux
  • Plus d’infos sur la Route du Thé, du Rhum et de la Vanille sur le site. 

Bois Chéri : le thé mauricien, héritage discret mais durable

La route se poursuit maintenant vers la plantation de Bois Chéri. Fondée en 1892, elle est la plus ancienne et la plus célèbre de l’île. Si le thé évoque plutôt l’Asie ou l’Afrique de l’Est, Maurice en a fait une production locale, adaptée au climat plus frais et humide du plateau central. Une culture inattendue sous les tropiques qu’il est possible de découvrir lors de la visite détaillant chaque étape de la cueillette, au séchage, puis de la fermentation jusqu’à la mise en conservation.

La visite se conclut par la dégustation avec vue sur les plantations. Thé noir, thé à la vanille, thé aromatisé, une palette simple mais représentative du goût mauricien.

  • Localisation : Bois Chéri
  • Accès : voiture/taxi ou excursion organisée
  • Entrée : pass pour les 3 visites de la Route thématique (Domaine des Aubineaux, Domaine de Saint-Aubin et Bois Chéri) : 1 800 MUR par personne (soit environ 32 €)
  • Durée : 1h
  • Temps de trajet : comptez 20 minutes de route depuis le Domaine des Aubineaux. 
  • Plus d’infos sur la Route du Thé, du Rhum et de la Vanille sur le site. 

Le domaine de Saint-Aubin : vanille, sucre et rhum 

Situé dans le sud de l’île, près de Souillac, le domaine de Saint-Aubin est l’un des derniers grands domaines sucriers encore en activité. Saint-Aubin est fondé au début du 19ème siècle, à une époque où la canne à sucre structure totalement l’île Maurice tant dans son économie, dans ses paysages que dans la hiérarchie sociale. Comme beaucoup de domaines, il repose sur la grande propriété foncière, une organisation agricole intensive et une main-d’œuvre d’abord esclave, puis engagée (travailleurs indiens sous contrat après l’abolition de l’esclavage en 1835). Saint-Aubin n’est pas un cas isolé : il est représentatif du modèle sucrier colonial qui a façonné l’île.

La maison principale, telle qu’on la visite aujourd’hui, date de 1819 (avec des remaniements ultérieurs). C’est une demeure de planteur, conçue pour recevoir, affirmer son statut social et dominer symboliquement les terres cultivées. On y retrouve les codes classiques : une maison surélevée, de larges vérandas, de grandes ouvertures et du mobilier d’époque. Mais ici encore, comme aux Aubineaux : la maison parle surtout de ceux qui possédaient, rarement de ceux qui travaillaient. 

Contrairement à certains sites muséifiés, Saint-Aubin est toujours une plantation active. On y découvre les champs de canne, les étapes de transformation et les multiples usages de la canne (sucre, mélasse et rhum). Le domaine possède d’ailleurs sa propre distillerie, spécialisée dans le rhum agricole (pur jus de canne) et les rhums arrangés (vanille, épices, fruits). Historiquement, la distillation faisait partie intégrante des domaines sucriers : le rhum permettait de valoriser les sous-produits de la canne. Si la dégustation est clairement pensée comme une expérience touristique, elle fait néanmoins perdurer la tradition du domaine.

La vanille est l’autre pilier du domaine. Contrairement à la canne, c’est une culture délicate, manuelle et chronophage. À Saint-Aubin, l’exposition permanente explique la pollinisation manuelle (héritée des techniques mises au point au 19ème siècle), le long processus de séchage et les usages culinaires et parfumés. La vanille symbolise alors la diversification agricole de Maurice après la dépendance quasi exclusive au sucre.

Le restaurant du domaine propose d’ailleurs un menu entièrement teinté de vanille de l’entrée au dessert. Une façon intéressante de montrer que cette épice peut être intégrée à une cuisine créative et de manière subtile dans un cadre magnifique. 

Enfin, ne manquez pas une promenade dans le jardin du Domaine pour parfaire votre visite. Celui-ci rassemble une large variété de plantes tropicales, d’épices et d’arbres fruitiers. Sous les serres, les plants de vanille côtoient des anthuriums de multiples couleurs. 

  • Localisation : Bois Chéri
  • Accès : voiture/taxi ou excursion organisée
  • Entrée : pass pour les 3 visites de la Route thématique (Domaine des Aubineaux, Domaine de Saint-Aubin et Bois Chéri) : 1 800 MUR par personne (soit environ 32 €)
  • Durée : 2h-3h (avec déjeuner)
  • Temps de trajet : comptez 25 minutes de route depuis la plantation de Bois Chéri. 
  • Plus d’infos sur la Route du Thé, du Rhum et de la Vanille sur le site

Le Parc naturel de La Vanille 

Situé dans le sud de l’île, le Parc naturel de La Vanille ne fait pas partie de la Route du Thé, du Rhum et de la Vanille mais il est situé à seulement 10 min du Domaine de Saint-Aubin. Ce parc est spécialisé dans la conservation et l’élevage d’espèces animales, notamment les crocodiles du Nil, les tortues géantes des Seychelles et d’Aldabra, les lémuriens, les singes et les reptiles. 

  • Entrée : 18 euros par personne
  • Horaires : tous les jours de 9h à 17h
  • Durée : 1h à 1h30
  • Conseil : idéal en fin de journée 
  • Temps de trajet : 10 min de voiture depuis le Domaine de Saint-Aubin

En complément de l’ensemble des lieux déjà visités les précédents jours de mon voyage, cette journée donne à voir une ile Maurice sous ses facettes agricole, coloniale, productive. Bien que parfois inconfortables dans leur héritage, elles sont essentielles pour comprendre les racines économiques et culturelles de l’île.

Jour 9 – Le Morne, symbole de liberté

Cette dernière journée à Maurice sera marquée par un grand temps fort au Morne Brabant, la montagne classée à l’Unesco dont l’ascension bien que périlleuse promet des vues panoramiques spectaculaires. Mais cette montagne emblématique de l’île est aussi un lieu chargé d’histoire qu’il convient de comprendre avant d’entamer son ascension. 

Le Morne : une montagne refuge et symbole de liberté

En pleine période d’esclavage, aux 18ème et début du 19ème siècles, le Morne devient un refuge naturel pour les esclaves marrons, ces hommes et femmes ayant fui les plantations sucrières. Ses falaises abruptes, sa végétation dense et son isolement en faisaient un abri presque imprenable, un sanctuaire inaccessible et de sécurité. La légende profondément ancrée dans la mémoire collective mauricienne raconte qu’en 1835, lors de l’abolition de l’esclavage, des esclaves réfugiés au sommet auraient cru que les forces venues les chercher annonçaient leur capture. Dans un profond désarroi, certains se seraient alors jetés du sommet plutôt que de retourner en esclavage. Qu’elle soit entièrement vérifiable ou non, cette histoire fait du Morne un symbole absolu de résistance et de dignité. En 2008, le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO comme paysage culturel vivant.

  • Niveau : intermédiaire à soutenu
  • Durée : 3 à 4 heures aller-retour
  • Altitude : environ 555 mètres
  • Dénivelé : progressif, mais exigeant sur la fin. La randonnée n’est pas techniquement difficile au début, mais la dernière portion est escarpée, avec passages rocheux et pentes raides.

La présence d’un guide certifié est fortement recommandée voire obligatoire (zone réglementée au-delà d’un certain point). Un guide local apporte la sécurité, la connaissance du terrain et le récit historique, essentiel pour comprendre ce que l’on gravit. 

⚠️ A savoir : il ne s’agit pas d’une balade tranquille. La randonnée peut présenter de réels risques, facilement identifiables et contournables par un guide certifié, si les conditions ne sont pas réunies. Aussi, les sentiers ne sont pas vraiment balisés. Lorsque j’ai réalisé la randonnée, les vents et les pluies de la veille ont rendu la dernière portion impraticable, la guide qui m’a accompagnée a préféré faire demi-tour. Sachez qu’il est possible d’observer de magnifiques points de vue même sans se rendre au sommet, un joli lot de consolation entre le lagon du Morne, la barrière de corail et les nuances infinies de bleu.

La Monument de la route de l’Esclave

C’est en rejoignant la route qui mène à la plage que je m’arrête au Monument de la route de l’esclave situé au pied de la montagne. Des statues, inscriptions et symboles rendent hommage aux esclaves ayant marqué l’histoire de l’île. Il rappelle aussi que le Morne n’est pas une légende isolée, mais une pièce d’un système global d’exploitation humaine. 

La plage du Morne

Après l’effort, baignade et farniente sur la plage du Morne pour parfaire cette journée. Pour cela, direction l’une des plus belles plages de l’île : la plage du Morne.  Située au pied de la montagne, elle offre un cadre idyllique entre sable blanc, cocotiers géants et lagons bleu turquoise.

Même si de nombreux hôtels ont privatisé la plage, il existe encore quelques coins tranquilles où poser sa serviette. Cette plage est la bienvenue pour une pause bien méritée et conclut en beauté mon itinéraire de 10 jours à l’île Maurice. 

Jour 10 – Retour en France

Après 10 jours passés à explorer l’île Maurice, le retour en France se fait avec une autre image du pays. Ce que l’on emporte en quittant Maurice n’est pas seulement un album de paysages parfaits, mais une compréhension plus fine de ce que peut être une île postcoloniale, fière de ses racines, consciente de ses cicatrices, et tournée vers un avenir qu’elle construit à son rythme.

Certains lieux marquent plus que d’autres. Le Morne, évidemment, avec son poids symbolique et son silence habité. Port-Louis, avec son chaos vivant et ses héritages multiples. Les domaines sucriers, qui racontent autant la prospérité que l’exploitation. Les îlots, plages et lagons, enfin, où l’on touche du doigt une nature fragile et précieuse.

Cet itinéraire de 10 jours dessine aussi une île Maurice plurielle, plus complexe, plus profonde. Il permet de saisir l’île dans toute sa diversité : historique, culturelle, naturelle et surtout humaine. Un voyage qui rappelle que le paradis n’est jamais neutre, et que les plus beaux endroits sont souvent ceux qui ont les plus belles histoires à raconter.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *